Suite à la guerre civile espagnole, 1936-1939, la victoire franquiste a provoqué l’exil des Basques et de leur gouvernement, présidé par José Antonio de AGUIRRE.
L’Abbé José Luis RODRIGUEZ les a alors suivis à Paris, faisant partie des cercles du PNV (=Partido Nacionalista Vasco). Ce prêtre était né à Bilbao le 16 octobre 1904. Responsable d’éditions catholiques, très attaché à la culture basque, il fut banni par le Caudillo, qui interdisait l’usage de l’Euskara et condamnait les religieux opposés à son régime.
Après la seconde guerre mondiale, sa sœur Higinia et lui-même venaient de plus en plus souvent à Bidart, où ils louaient une maisonnette de la famille Etchayde sur la Corniche. Artistes fidèles à la tradition basque, ils créèrent l’atelier de céramique d’art « Kaïoa » (la mouette) au-dessus des falaises d’Erretegia, qui, riches en argile et en marnes, leur permettaient de puiser une grande partie de leur matière première. L’été, leur amie, Mademoiselle Leroux, vendait quelques objets de leur production dans le magasin de souvenirs locaux « Fandango », qu’elle tenait à la place de l’actuelle bodega.
Ils pouvaient ainsi vivre de leur production, qui offrait aux chalands divers objets utiles (cruches, assiettes et plats, tasses…) ou religieux (belles vierges à l’enfant par exemple). Les coloris étaient variés, mais on trouvait souvent le vert franc et le rouge sombre. Des motifs géométriques ou tirés de la nature ornaient ces créations.

Pichet Kaioa (Photo Martine Castell Dargassies)
En 1958, l’Abbé a réalisé le blason qui orne la façade de la mairie de Bidart, rappelant le passé du port de pêche à la baleine, avec la nef, le harpon et le phare de Koskenia.
Les anciens Bidartar décrivent l’Abbé comme un homme original, intelligent et cultivé, au regard doux sous le traditionnel béret. Il disait la messe quotidienne dans l’église de Bidart et allait à la Roseraie le dimanche pour les enfants des Charbonnages de France en séjour sur la Côte Basque. Il accueillait également les enfants de Bidart dans son atelier, où il les initiait à son art – l’un d’eux est actuellement en activité à la Manufacture de Sèvres.
La croix de sa tombe, dans le cimetière de l’église paroissiale où il repose, est ornée d’une tête de Christ qu’il avait lui-même façonnée. Devant, une plaque de marbre blanc évoque la « Reconnaissance des enfants de La Roseraie ».
Pour illustrer son humour et sa gentillesse, M. J. Garat, bidartar, raconte cette anecdote : « A un couple d’estivants qui s’extasiait longuement devant un beau vase ne se décidant ni à le remettre sur son étagère ni à l’acheter, il demanda dans un sourire : « Il vous plaît ? » Comme ils acquiesçaient avec empressement, il répondit : « Eh bien, emportez-le ! vous m’enverrez un mandat quand vous pourrez… » Eberlués, nos deux amateurs n’en croyaient pas leurs oreilles, mais l’Abbé insista et ils partirent heureux avec leur précieuse poterie.. « Il faut toujours faire confiance aux gens, disait-il, et puis s’ils ne paient pas, quelle importance… ? »
D’après Martine Castell-Dargassies, avec l’aide, en particulier de Christiane Sarrasola et Jacques Garat. 100 ans de patrimoine bidartar.


Un coup de coeur pour ce restaurant qui a ouvert à Biarritz avant l’été. Les frères Ospital, Fabien et Julien, on les a connus quand ils ont participé au lancement de la Crampotte d’Erretegia, sous la villa Kaioa. C’était déjà très bien.



