
Les Bardenas Reales, dépaysement total à 2h30 de la villa Kaioa
Les Bardenas Reales, enclave désertique, moitié en Navarre, moitié en Aragon, au sud de Pampelune. Nous décidons, ce samedi, d’aller y faire une randonnée à pied. Le temps est prévu moyen sur la côte basque. A 200 km au sud, il sera beau.
Nous sommes prévoyants, nous avons un guide d’iinéraires, un peu vieux, certes. Nous préparons notre pique-nique, une bouteille d’eau chacun, bien que nous ne soyons qu’au mois de mars, des chaussures de marche et nous voilà partis!
La route est facile, de l’autoroute tout le temps, jusqu’à 20 km du but et là, le GPS perd la boule et nous emmène dans des chemins que nous n’aurions jamais connus. Au final, nous arrivons par le sud au lieu d’ariver par le nord.
L’accès au parc se fait par une petite route assez confidentielle.
Et là, subitement, émergeant au milieu de nulle part, des formations rocheuses nous proposent des formes incroyables, des cheminées spectaculaires, conséquences d’années d’érosion éolienne… on se demande comment elles sont venues là. Nous sommes émus par ce spectacle inoubliable qui s’offre à nos yeux.
Je suis un peu étonnée de voir beaucoup de vert. Il y a des plaines irriguées.
Classées Parc Naturel, puis réserve de la Biosphère Par l’Unesco, les Bardenas Reales comptent 2 réserves naturelles – Rincon del Bu et Caidas de la Negra – et 3 zones géographiques. Nous optons pour la Bardena Blanca, au centre, et un itinéraire «El Rallon», qui doit prendre entre 4 et 5 heures. Cet itinéraire se fait également à vélo, ce qui m’inspire confiance quant à la difficulté.
Nous laissons la voiture au bord de la petite route, pour emprunter, à pied, le chemin le long du Barranco de los Cabrones. Le barranco me fait penser au lit d’une rivière asséchée, très accidenté et tourmenté. Certains parlent de ravin. C’est magnifique. Nous marchons sur le sable durci et dans la steppe. Le chemin est accidenté, par moments, de véritables crevasses reliées au barranco.
Face à nous, le Rallon…
Le chemin indiqué sur notre guide nous fait contourner la Bardena Blanca avant d’en faire l’ascension.
Je ne suis pas fâchée d’avoir un peu de temps avant de grimper. Il y a du soleil mais il ne fait pas si chaud car le vent est encore un peu frais – eh oui! de telles sculptures ne sont pas arrivées par hasard.
Le paysage est magnifique. Sur notre droite nous avons la Bardena Blanca qui porte bien son nom. Elle est beige, pâle sous le soleil, découpée sur le ciel bleu. Ce qui est impressionnant, c’est son relief. On dirait une montagne plissée comme un tissu. On distingue des traces de couleurs et même des lignes, brunâtres, rouge sombre qui laissent supposer que le sol contient peut-être des minerais.
Les Bardenas que l’on voit un peu plus loin semblent presque blanches. Certaines sont pointues, certaines sont plus plates, toutes sont très découpées, festival de formes. Nous comparons nos impressions, l’un y voit la tête d’un chien, l’autre un roi et une reine dominant leurs sujets … Nous sommes très créatifs! Chacun y met ses souvenirs, ses émotions…
Notre marche le long de la Bardena Blanca est très agréable car nous sommes désormais l’abri du vent. Nous sommes là, au bout de la Bardena et nous nous apprêtons à pénétrer à l’intérieur. Incroyable de penser que nous allons pouvoir passer au milieu de ces roches ciselées.
Un escalier monte jusqu’à un promontoire, il paraît bien raide et je n’ai pas très envie d’y monter. Je préfère être là, au milieu des roches que de contempler la vue.
En plus je commence à avoir un peu faim…
Nous faisons plusieurs tentatives, empruntant plusieurs chemins qui montent entre les roches. Nous ne trouverons pas le passage. sans doute le guide est-il trop vieux.

Pique-nique au milieu de la Bardena
J’ai trop faim. Nous nous asseyons à l’endroit le plus haut que nous avons atteint, avec une vue magnifique sur ce que nous venons d’escalader : les sculptures des montagnes via l’érosion éolienne et probablement aussi pluvieuse est extraordinaire. Nous mangeons notre pique nique, ça fait du bien! Nous repartons, le coeur léger et l’estomac plein !
Nous décidons de prendre l’escalier qui va jusqu’au promontoire. Escalier ? Certaines marches sont complètement penchées, d’autres surplombent le vide, en équilibre, assez impressionnant de monter.
Je n’irai pas jusqu’en haut, je vois un chemin vers un cirque intérieur, entouré de «montagnes». J’attends là. Il fait chaud, je me sens apaisée par le calme et l’atmosphère du lieu.
Au final, nous redescendons ce magnifique escalier.
Arrivés en bas, nous constatons qu’ il est déjà plus de 3h00 de l’après-midi. Nous n’aurons pas le temps de finir le circuit. Nous revenons par le même chemin. C’est un peu frustrant. En fait, la lumière a changé, le soleil est déjà descendu, le relief est plus visible. Nous avons une vision différente. C’est magnifique, paisible.
Pour finir après avoir retrouvé la voiture nous voulons sortir du parc par le côté opposé à celui par lequel nous sommes entrés… Ce n’est pas notre jour nous ne trouvons pas la route !
Quelle importance? nous y reviendrons. A deux heures de route de la Villa Kaioa, les Bardenas Reales sont facilement accessibles!



